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lundi 11 mars 2013

Le pasteur Silas Malafaia, ou la tentation homophobe du Brésil. Tour des réseaux sociaux



Pour ceux qui luttent pour les droits des homosexuels au Brésil, leur principal ennemi porte un nom : Silas Malafaia. Ce pasteur, formé en psychologie, est le leader de l'Eglise évangéliste Assembleia de Deus Vitória em Cristo [Assemblée de Dieu Victoire dans le Christ] et porte en étendard ses valeurs conservatrices contre le mariage entre personnes du même sexe. Même s'il doit faire face à une opposition massive à ses idées, le pasteur peut aussi compter sur un nombre très important d'adeptes.

Le 3 février 2013, Silas Malafaia a accordé une interview sur une chaîne publique à la journaliste brésilienne Marília Gabriela. A cette occasion, il s'est exprimé sur des sujets polémiques. Il a défendu le paiement d'une dîme (correspondant à 10% du salaire réel ou “souhaité”) par les fidèles des institutions évangélistes. Il s'est ensuite érigé avec véhémence contre la criminalisation de l'homophobie – prévue dans le Projet de Loi complémentaire 122 - et contre le mariage civil pour tous, invoquant l’article 5 de la Constitution Brésilienne, qui garantit la liberté d'expression pour tous les citoyens.
L'affaire a beaucoup divisé les Brésiliens, mais Danilo Thomaz, le 12 février, dans l'Observatoire de la Presse (émission de télévision), a jugé qu'une controverse sur les réseaux sociaux est “l'équivalent virtuel d'une dispute sur le trottoir devant le café du coin”:
La discussion sur les libertés publiques et l'égalité des droits – des valeurs sur lesquelles s'appuie la question des homosexuels – s'est transformée en une hystérie partagée dans laquelle les deux camps, avec leurs 140 caractères, se différencient sur le contenu de leurs propos mais sont identiques dans la façon de les présenter. Ils en arrivent, de la même manière, a annuler le débat et à délégitimer la question. Les populistes et les escrocs, à droite et à gauche, en plus, en profitent pour faire leur auto-promotion.
Pour justifier son opposition aux gays, Malafaia en a appelé à la génétique. Il soutient que le choix d'être homosexuel est uniquement comportemental et que “il n'existe pas de gène de l'homosexualité”. La polémique s'est installée sur les réseaux sociaux, et le sujet s'est placé en tête des Trending Topics de Twitter. Le blog BHAZ reproche au pasteur de se référer à des sources inconnues pour justifier son point de vue. Le texte du 6 février décrit :
Cette fois, le pasteur, grâce à son discours enflammé contre la criminalisation de l'homophobie et contre la légalisation du mariage civil pour tous, est parvenu à en appeler à ce qu'il appelle “la science”. Son objectif, en se servant d'arguments soi-disant “scientifiques” était, en somme, d'affirmer que l'homosexualité n'est en réalité rien d'autre qu'un comportement “appris ou imposé” et que personne ne naît homosexuel. En conséquence de quoi, les militants LGBT n'auraient pas le droit de lutter pour légaliser le mariage civil pour tous, ou de demander la criminalisation des manifestations de haine et de préjugés, vis-à-vis de l'orientation sexuelle et l'identité de genre.
Le jour suivant l'émission de la journaliste Marília Gabriela (le 04/02), Eli Vieira, généticien brésilien doctorant de l'Université de Cambridge, a enregistré une réponse scientifique par vidéo, démontant point par point la démonstration de Malafaia. La vidéo a été visionnée plus d'1,5 million de fois sur YouTube :

Le 16 février, souhaitant mettre un point final à la discussion, Malafaia a répondu par vidéo à Eli Vieira, qu'il appelle “pseudo-docteur” en génétique :


Sur la toile, les réactions d'opposition à Malafaia et à ses propos homophobes n'ont pas cessé. Le 8 février,<a ” href=”http://http://www.avaaz.org/en/”>Avaaz.org a lancé une pétition qui demande la radiation de Silas Malafaia du registre des psychologues. Elle a rassemblé plus de 82 000 signatures.

Sur Twitter, Marcelo Arantes (@dr_marcelo) appuie la démarche (13/02) et relaie la pétition :
Tu as déjà exercé ton pouvoir de citoyen aujourd'hui ? Signe la pétition pour la radiation de Silas Malafaia du registre des psychologues. avaaz.org/po/petition/Pe…— Marcelo Arantes (@dr_marcelo) 13 février 2013
Cependant, les sympathisants du pasteur ont posté des messages de soutien sur le même réseau social, demandant que la pétition ne soit pas signée, comme l'a fait @CASSIANECANTORA le 15 février :
J'ai déjà signé…On va voter pour la NON radiation de l'inscription du Pr Silas Malafaia au registre des psychologues. Voyez le lien avaaz.org/po/petition/Pe…— CASSIANE (@CASSIANECANTORA) 15 février 2013
L'Eglise Igreja Assembleia de Deus Vitória em Cristo a ouvert officiellement sur sa propre page un recueil des noms de ses sympathisants qui soutiennent la non-radiation de son enregistrement comme psychologue. Silas Malafaia a également fait part de sa volonté de de poursuivre en justice Avaaz.org. Le texte ci-dessous l'explique :
Après la polémique générée par l'interview du Professeur Silas Malafaia dans l'émission “De frente com Gabi” (Face à Gabi), une pétition publique a été lancée en ligne visant à radier le psychologue du registre des psychologues. Cependant, dans aucun de ses entretiens accordés à la presse Silas Malafaia ne se présente comme psychologue, il se présente comme pasteur, ce qui ne justifie pas une pétition qui implique le Conseil Fédéral de Psychologie.
Le blogueur Sandro Decottignies sur son blog démonte cet argument :
Il faut savoir que Malafaia viole de front les dispositions de la résolution N° 001/99 du Conseil Fédéral de Psychologie, qui interdit explicitement aux psychologues de considérer l'homo-affectivité comme une pathologie et de tenir des discours publics contre elle.
Maria Berenice Dias, juriste qui agit en faveur des droits de la population LGBT, s'est aussi exprimée sur YouTube le 7 février. Elle démonte le fondement biblique des arguments de Malafaia, et rappelle l'importance d'une loi visant à garantir l'égalité de tous les citoyens brésiliens :

Le pasteur Silas Malafaia a également comparé les homosexuels à des bandits. “J'aime les homosexuels comme j'aime les bandits” a-t-il déclaré. Le blog Pragmatismo Político a dénoncé cette déclaration le 5 février :
La corrélation entre “homosexuels” et “bandits” est odieuse. Elle vise à renforcer le lien entre l'homosexualité et les déviances, soutenant subrepticement l'idée que l'homosexualité, comme les phénomènes de délinquance, porte atteinte et préjudice à la société. En d'autres termes, l'analogie nous dit la chose suivante : les bandits existent, c'est un fait de société, mais il faut les changer, les punir et les “re-socialiser” pour qu'ils ne nuisent pas la société. Sans l'affirmer directement, Malafaia pense la même chose des homosexuels : ils sont un fait social, ils existent mais il faut les corriger pour qu'ils ne nuisent pas à la famille, aux bonnes moeurs, aux lois naturelles, à la parole de Dieu, etc…
Le leader religieux a également été critiqué pour avoir utilisé le terme “homosexualisme”, alors que le mot correct est “homosexualité”. Mais Marlus Ápyus précise à propos de cette correction, dans un post sur Facebook du 5 février :
Avant tout, je crois que vous devriez laisser tomber cette absurdité de condamner le terme “homosexualisme” parce qu'il serait synonyme de maladie. Quelqu'un de très mal informé, dans le passé l'a utilisé dans ce sens, l'OMS a corrigé l'erreur en 1990, et, sans explication probante, vingt ans après, nous avons été “obligés” de parler d'”homosexualité”, qui renforce juste un terme équivoque déjà corrigé. Je vais continuer à parler d'homosexualisme. Parce que le communisme n'est pas une maladie, parce que le romantisme n'est pas une maladie et parce que le lesbianisme n'est pas une maladie. C'est parce que l'homosexualisme ne devrait jamais être considéré comme une maladie.

samedi 9 mars 2013

Un blog pour désamorcer les préjugés entre le Maghreb et les pays du Golfe



“Si la géographie n'est que la séparation la plus évidente entre la péninsule arabique et les pays du Maghreb, les idées fausses biaisées sur les uns et les autres ont laissé place à des malentendus et des stéréotypes qui ont imprégné jusqu'à l'élaboration des politiques gouvernementales.” C'est par cette déclaration que le nouveau blog Bil3afya se présente à ses lecteurs.

Le blog a été créé par deux blogueuses. Il s'agit de Samia Errazzouki (@charquaouia), qui est une écrivaine américano-marocaine, dont les recherches portent sur ​​l'économie politique du Maroc et les réformes. Elle est également co-éditrice de la page de Jadaliyya sur le Maghreb et membre de l'équipe éditoriale du site Mamfakinch. L'autre fondatrice est Mona Kareem (@monakareem), une apatride du Koweït. Elle est la fondatrice de Bidouns, droits des apatrides, et elle écrit pour la version anglaise de Alakhbar en anglais et Global Voices Online, entre autres.

Le but de ce blog est d'aborder les stéréotypes communs entre les deux régions, et d'entamer une conversation qui recherche les points communs tout en offrant à chacun sa propre lecture de ces différences.
Sur Twitter, les internautes se félicitent du projet. Aux Emirats Arabes Unis, Al Marri nationale Saqer écrit :
@saqeram: les publications sur les relations entre le Maghreb et les pays du Golfe par @monakareem & @charquaouia sur le blog @bil3afya sont intéressantes. Consultez les : http://bil3afya.blogspot.com/
Et Elizabeth Tsurkov, en Israël, ajoute :
@Elizrael : Nouveau blog intéressant visant à améliorer la conversation entre le Maghreb et les pays du Golf http://bit.ly/NKH1TD par @MonaKareem & @charquaouia
Bien que le blog soit encore à l'état embryonnaire, les articles publiés à ce jour abordent des sujets allant de la politique aux séries TV, en passant par les perceptions culturelles mutuelles entre les deux régions.
En discutant de l'un des stéréotypes des personnes de la péninsule arabique, y compris de son pays d'origine, le Koweït, Mona a écrit dans un article :
Lorsque je me suis rendue au Caire, étant quelqu'un qui vient du Golfe, le stéréotype était  « j'ai un puits de pétrole dans ma cour » et donc, je devais les aider à leur trouver un emploi ou les noyer dans les pourboires. Aux États-Unis, beaucoup d'Arabes que j'ai rencontrés, y compris ceux du Maghreb, me considéraient comme la fille riche et gâtée de l'embouchure du Golfe, qui n'avait pas de soucis pour étudier mais uniquement le souci de profiter de son temps.
Elle a ensuite écrit sur les conditions de vie auxquelles des personnes apatrides (les bidoun) font face au Koweït. Puis elle s'est intéressée aux pays voisins comme l'Arabie saoudite, Bahreïn, les Émirats Arabes Unis, Oman et le Qatar :
Pour un pays aussi riche que l'Arabie Saoudite, avec toutes ces décisions de versements continus d'argent ci et là, personne ne peut imaginer comment vivent des milliers de Saoudiens pauvres. La question de la pauvreté en Arabie Saoudite est très grave et elle affecte un grand nombre de Saoudiens, pas seulement les travailleurs immigrés ou les apatrides.
Controversial Kuwaiti cartoon depicting a Moroccan man
Bu-Qutada: Une caricature controversée du Koweït représentant un Marocain

Il y a quelques années, un dessin animé, appelé Bu Qutada wa Bu Nabee, représentait le Maroc comme corrompu et ses femmes comme des putains avides, qui tentaient de piéger les hommes koweïtiens en les épousant. Dans l'un des articles de Bil3fya, Mona Kareeem écrit sur ​​cette série et sur les stéréotypes qu'ont les hommes du Golfe sur ​​le Maroc, présenté comme le lieu où on peut s'adonner aux drogues et réaliser ses fantasmes sexuels.
Elle a ensuite écrit au sujet d'incidents similaires dans les pays voisins du Golfe :
Ces stéréotypes ont été mélangés à de l'humour, justement, durant les dernières années, les stéréotypes au Koweït concernaient les jeunes hommes qui fantasmaient sur une visite au Maroc. La controverse a fait que des hackers marocains ont piraté quelques sites koweïtiens, et par conséquent, le gouvernement koweïtien a présenté des excuses pour un acte commis par un établissement de média privé. Je crois que c'était là le pic de l'affrontement Maghreb-Golfe.
Quelque chose de semblable s'est produit récemment sur Twitter, sur une plus petite échelle, lorsque certains Saoudiens ont commencé à parler à travers un hashtag #Maroc des Marocains et du sexe, ce qui a insulté les Marocains.
Fondamentalement, la culture tribale du Golfe leur fait croire qu'ils sont les plus protecteurs de leurs femmes (de l'honneur) et qu'au contraire, les Marocains ne le sont pas, du moment que la prostitution existe au Maroc. L'idée de l'honneur et de la morale pour la mentalité typique du Golfe peut être mieux comprise par la “garde” de la liberté des femmes, surtout en apparence.

Dans un autre article, tout en évoquant les liens croissants entre la monarchie du Maroc et celles de la Péninsule arabique, Samia s'exprime sur le renforcement de ces monarchies, avec pour intérêt commun de rester au pouvoir à tout prix.

La politique étrangère du Maroc envers l'Iran est supposée être affectés par ces liens, finalement, il y avait aussi des liens économiques, visibles de façon claire à travers l'accord de libre échange que le Maroc a signé avec les Emirats arabes unis (EAU), et la proposition du Maroc de devenir membre du Conseil de coopération du Golfe, mais cette inclusion dans le CCG n'a jamais été expliquée, ni publiquement mentionnée non plus après la déclaration initiale :
En dépit de la distance séparant le Maroc du Golfe, la politique étrangère du Maroc est fortement influencée par ses liens avec les monarchies du Golfe et sa décision de s'insérer dans la géopolitique du Golfe, même si cette décision lui coûterait l'arrêt de coopération avec d'autres pays. Cela était particulièrement évident en mai 2011, lorsque le Maroc a été proposé à l'adhésion au Conseil de coopération du Golfe (CCG)

Jusqu'à présent, cinq posts ont été publiés dans le blog, mais nous attendons avec impatience de nouvelles publications, et peut-être plus de contributeurs de ces deux régions ou d'autres pays arabes également.

vendredi 8 mars 2013

Clip Rap : "SAME LOVE" Macklemore, le rappeur gay-friendly qui affole les charts


MACKLEMORE & RYAN LEWIS - SAME LOVE feat. MARY LAMBERT





Maclemore cultive un ton décalé, à contre-courant des thèmes chers au genre, et n'hésite pas à prendre position aussi bien en chanson qu'en personne, et notamment contre l'homophobie.

Son engagement, Macklemore l'assume encore lorsque, dans un clip de trois minutes pour la campagne anti-homophobie YouCanPlay, l'artiste hétéro appelle les jeunes à lutter contre les stéréotypes et contre l'homophobie dans le sport, les médias et la musique. Il encourage aussi les jeunes homos à ne pas s'auto-censurer: «Si tu sais jouer, tu peux jouer.» En tout cas, si certains doutent encore de la capacité de la musique à faire changer les mentalités, Macklemore, lui, en semble déjà convaincu.

mercredi 6 mars 2013

An Iranian song for the Free Syrian Army Une chanson Iranienne pour l'Armée Syrienne Libre


الجيش الطارق

Le président vénézuélien Hugo Chavez est mort


Le président vénézuélien Hugo Chavez est mort. Le vice-président du pays, Nicolas Maduro, l'a annoncé mardi 5 mars lors d'une allocution télévisée. Au pouvoir depuis 1999, el Presidente était atteint d'un cancer, diagnostiqué en 2011. Opéré à quatre reprises depuis l'annonce de sa maladie, son état s'était dégradé ces derniers jours.
Héros pour les uns, provocateur populiste pour les autres, l'homme d'Etat n’a jamais laissé indifférent. 

mardi 5 mars 2013

Israël met en service des lignes de bus séparées pour Juifs et Arabes



Israël a mis en service des lignes de bus distinctes pour Juifs et Arabes, voyageant de Cisjordanie à Israël, à partir d'aujourd'hui [4 mars 2013]. Des internautes réagissent à cette information, décrivant Israël comme pratiquant la ségrégation et l'apartheid.
Selon +972, un magazine web sous forme de blog :
Une nouvelle ligne israélienne de bus sera réservée aux Palestiniens. Des responsables affirment qu'il ne s'agit pas de ségrégation, mais la discrimination actuelle à laquelle sont confrontés les travailleurs palestiniens parle d'elle-même.
L'article explique :
Tôt ce matin, des Palestiniens de Cisjordanie possédant des permis de travail à l'intérieur de l'État d'Israël se sont entassés dans des lignes de bus spécialement créées pour “seulement les Palestiniens” — plutôt que d'utiliser les mêmes bus publics que les Israéliens. Le Ministère Israélien des Transports a lancé les nouvelles lignes de bus aujourd'hui, pour les trajets du point de contrôle d'Eyal à Tel Aviv et Kfar Saba et retour au point de contrôle, après que des colons se sont plaints des Palestiniens utilisant les mêmes bus que les Israéliens sur leur chemin vers et en provenance de leur lieu de travail à l'intérieur d'Israël.
Sur Twitter, le blogueur turc Esra Doğramacı commente :
@EsraD : Tout ce que je peux dire est : vous plaisantez, n'est-ce pas ?
Le sud-africain Bilal Randeree répond :
@bilalr : Hmm, pourquoi cela sonne familier ? Hmm… Laissez-moi demander à mes parents, peut-être qu'ils peuvent aider à comprendre…
La yéménite Noon Arabia ajoute :
@NoonArabia : Méprisable !
L'entrepreneur jordanien Fadi Ghandour appelle la mesure :
@fadig : Apartheid
Et le journaliste israélien Joseph Dana trouve la nouvelle mesure incroyable :
@ibnezra : Difficile de croire que nous lisons ce gros titre en 2013 : Israël met en service des lignes de bus ‘seulement pour Palestiniens’